Comment favoriser le sommeil des résidents d’Ehpad ?

Source : Hospimédia – Lydie Watremetz
Une aînée dort dans son lit Photo: iStock

En Ehpad, il est fréquent d’entendre des résidents se plaindre de ne pas dormir. Le sommeil participe pourtant à la qualité de vie des âgés. La Société française de gériatrie et gérontologie a récemment consacré un dossier à ce sujet.

Contrairement à certaines idées reçues, le sommeil ne diminue pas avec l’âge. Dans son dernier dossier consacré au sommeil des plus âgés, la Société française de gériatrie et gérontologie (SFGG) s’est penchée sur ce sujet.

Quelques spécificités des plus âgés

Des spécificités relatives au sommeil des personnes âgées sont identifiées :

  • les cycles de sommeil se retrouvent souvent modifiés avec des éveils plus fréquents ;
  • l’endormissement peut être plus lent ;
  • le sommeil léger peut être plus important ;
  • les sommeils profond et paradoxal peuvent être moins importants.

Autre constat, mis en avant par la société savante : derrière les plaintes des âgés relatives au sommeil, « il n’y a pas toujours une maladie« . La SFGG distingue trois types de plaintes, celles liées aux difficultés à s’endormir, à rester endormi ou encore à se réveiller trop tôt.

Les pathologies du sommeil

La SFGG précise que les principales pathologies du sommeil pouvant toucher préférentiellement les personnes âgées sont : l’apnée du sommeil, le syndrome des jambes sans repos, les troubles du comportement liés au sommeil paradoxal ou encore les insomnies.

Les insomnies peuvent être aiguës (se déclarer de façon exceptionnelle) ou chroniques (au moins trois fois par semaine…). Dans tous les cas, il faudra en rechercher la ou les causes. Les insomnies aiguës semblent plus spécifiquement liées à des facteurs psychologiques, une modification de l’environnement ou une nouvelle douleur. Quant aux insomnies chroniques, elles sont favorisées par la maladie de l’âgé et tout particulièrement les troubles neurologiques ou encore certains médicaments. Paradoxalement, la SFGG signale que s’il existe des médicaments insomniants, « un sevrage brutal de médicaments, comme les benzodiazépines, peut entraîner une insomnie de rebond« .

La société savante insiste aussi sur le fait que « les patients qui prennent des somnifères de façon chronique leur permettant de dormir sont considérés comme des insomniaques (à différencier de ceux qui ont l’habitude de prendre des somnifères mais n’en ont pas besoin en réalité pour dormir)« .

Dans son dossier sur le sommeil des personnes âgées, la SFGG présente quelques grands principes.

Le bon sommeil

Dans le deuxième volet de ses recommandations de bonnes pratiques professionnelles sur la qualité de vie en Ehpad, l’Agence nationale de l’évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux (Anesm, aujourd’hui intégrée à la Haute Autorité de santé, HAS) a retenu quelques principes pour garantir aux résidents d’Ehpad un bon sommeil. Il faut :

  • mettre en place une organisation personnalisée du lever, du petit-déjeuner et de la toilette, « le respect d’habitudes antérieures liées à la nuit participe fortement au sentiment de bien-être et de respect de l’identité et de l’intimité de chacun » ;
  • évaluer avec le résident, dès son arrivée, ses besoins de sommeil, ses rites de coucher et d’endormissement.

L’Anesm signalait déjà en 2011 que « le rythme de vie des résidents ne coïncide pas avec le rythme institutionnel. Le nombre de professionnels auprès des résidents est plus important le matin que le soir et a fortiori la nuit. Or la vie quotidienne se déroule sur l’ensemble des 24 heures de la journée. » Elle suggérait de « proposer des activités calmes la nuit pour les personnes qui ne dorment pas« . Comme par exemple : des jeux de cartes, la lecture de revues, la diffusion de films, l’écoute de la radio… avec éventuellement un casque pour ne pas gêner les autres résidents.

Les outils pour la prise en charge des troubles

De son côté, la HAS souligne dans son dossier consacré aux troubles du sommeil que les médecins généralistes peuvent proposer des consultations dédiées aux plaintes du sommeil. Cette consultation doit permettre de rechercher les causes des difficultés à dormir, de déterminer si elles sont chroniques ou non, leurs retentissements sur la vie quotidienne, et d’apprécier l’intérêt ou non de prescrire un somnifère. Les outils à disposition des médecins pour cela sont par exemple : l’agenda du sommeil, le questionnaire du sommeil ou encore les recommandations de bonnes pratiques professionnelles.

Globalement, pour les personnes âgées alitées, « il faudra respecter la synchronisation veille et sommeil, c’est-à-dire tous les facteurs qui permettent au corps et à l’esprit de faire la différence de sommeil entre la nuit et le jour pour obtenir un sommeil de meilleure qualité la nuit« .

Pour aller plus loin :

  • SFGG, Dossier spécial, Sommeil et personnes âgées, 2019 ;
  • HAS, Troubles du sommeil : stop à la prescription systématique de somnifères chez les personnes âgées, 2012 ;
  • Anesm, Recommandations de bonnes pratiques professionnelles, qualité de vie en Ehpad, volet 2, Organisation du cadre de vie et de la vie quotidienne, 2011 ;
  • ministère de la Santé, de la Jeunesse et des Sports et SFGG, Les bonnes pratiques de soins en Ehpad, 2007.

Lydie Watremetz

Source : Hospimédia

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