Maladie d’Alzheimer, où en est-on ?

Plus de 100 ans après la découverte de la maladie d’Alzheimer, on ne connaît toujours pas précisément les causes de cette pathologie complexe. Mais grâce à la recherche, nos connaissances n’ont cessé de croître et l’accompagnement des malades et de leurs proches s’est considérablement amélioré.

 

Aujourd’hui en France, le nombre de malades diagnostiqués s’élève à 770 000, mais le nombre réel de personnes atteintes avoisinerait le million. Cet écart s’explique par le refus de soins fréquent en début de maladie, et par la vulnérabilité sociale d’une population qui n’a pas toujours accès aux soins.
Pourtant, l’importance d’une démarche de diagnostic précoce personnalisée permet de mettre des mots sur les symptômes, sur la souffrance, et de construire un projet de soins et de vie coordonné avec la famille et les professionnels en s’appuyant sur les ressources de la personne et de son entourage.

L’IMPORTANCE DU DIAGNOSTIC PRÉCOCE

Avant les années 2000, le diagnostic clinique de la maladie d’Alzheimer était un diagnostic d’exclusion : il était posé après élimination des autres maladies neurologiques ou autres infections provoquant des démences. Il était également posé en priorité pour des patients présentant déjà des symptômes de démence et un nombre important de lésions cérébrales. Depuis 2007, il existe des tests neuropsychologiques capables de détecter de façon précoce les premiers troubles de la mémoire de la maladie d’Alzheimer :

 

L’imagerie structurelle, telle que l’IRM*, permet de mesurer l’évolution de la taille du lobe temporal médian (qui est un marqueur du développement de la maladie d’Alzheimer), et de plus petites structures comme l’hippocampe (région essentielle à la mémoire) ou l’amygdale (région essentielle pour ressentir certaines émotions).

L’imagerie fonctionnelle, telle que la TEP**, permet de mesurer un dysfonctionnement du cerveau par l’injection d’un produit qui se fixe sur certaines zones cérébrales. Par exemple, cette technique aide à observer les dépôts de protéines, responsables des lésions cérébrales de la maladie d’Alzheimer.

L’analyse du Liquide Céphalo-Rachidien peut être proposée chez les personnes dont le diagnostic est encore hésitant, en particulier chez les jeunes patients. Ce fluide biologique transparent est prélevé dans le bas du dos. C’est dans ce liquide que baignent le cerveau et la moelle épinière. Il permet de mesurer les biomarqueurs*** de la maladie d’Alzheimer.

 

L’ensemble de ces examens permet de déterminer de façon très spécifique les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, et de déterminer une probabilité d’évolution ou de conversion de la maladie. Un diagnostic précoce est donc important pour appliquer au plus tôt les traitements médicamenteux actuels, mais également tous les conseils préconisés en matière de prévention, de stimulation des facultés cognitives et de mémorisation. Il permet également à la personne malade d’anticiper, de prendre des dispositions pour l’avenir tant qu’il possède encore toutes ses facultés de discernement et de prise de décision.

LES TRAITEMENTS POSSIBLES CONTRE LA MALADIE

Il n’existe actuellement aucun médicament capable de guérir la maladie d’Alzheimer, ni même ne permettant d’arrêter totalement son évolution. Quatre médicaments sont actuellement sur le marché. Ils ont pour but de traiter certains symptômes, mais ils n’empêchent pas la progression de la maladie. Un effet avéré de ces médicaments a été démontré sur la cognition à court terme (mémoire, langage, raisonnement…) malgré l’apparition d’effets indésirables pouvant nécessiter l’arrêt du traitement (troubles digestifs, fatigue, insomnie…).
La Haute Autorité de Santé s’est ainsi prononcée en faveur de la poursuite d’une prise en charge de ces médicaments « dans le souci de ne pas priver les patients répondeurs d’un éventuel bénéfice à court terme ». Le remboursement de ces 4 médicaments est maintenu pour les malades pris en charge à 100 % dans le cadre de l’Affection Longue Durée.

 

Cependant, il est important de ne pas se limiter à une prescription uniquement médicamenteuse. Il existe d’autres types de prises en charge destinées à traiter certains troubles ponctuels, s’avérant souvent précieuses dans l’amélioration des conditions de vie : kinésithérapie, accueil de jour, ostéopathie, ergothérapie, etc. Ces prises en charge peuvent aider à stimuler les capacités cognitives et motrices de la personne malade, et atténuer l’anxiété, le stress et les changements d’humeur.

 

Face à l’absence totale de traitement curatif de la maladie d’Alzheimer, il reste beaucoup à faire en matière de recherche.

La communauté scientifique s’accorde à dire qu’un diagnostic précoce et une thérapie mise en place aux stades débutants de la pathologie pourraient prévenir et retarder l’apparition de la maladie d’Alzheimer.

 

La formation des aidants

 

L’attitude de l’entourage (aidants familiaux et professionnels) joue un rôle important dans le quotidien de la personne malade.
L’accompagnement doit se faire par des techniques de communication adaptées et une stimulation proportionnée des capacités restantes (cognitives, sensorielles, motrices), dans un environnement adéquat.

 

 

Dr Véronique CHOPLAIN

Médecin coordonnateur des Accueils de jour ACPPA

 

 

* IRM : Imagerie par Résonnance Magnétique
**TEP : La Tomographie par Émission de Positons (ou PET Scan en anglais) est une méthode non invasive permettant de fournir une image précise de l’activité cellulaire à l’intérieur d’un tissu observé.
*** Biomarqueurs : Un biomarqueur est une caractéristique biologique mesurable liée à un processus normal ou non.

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